Le débat suscité par la révision des accords de partenariat militaire entre la France et le Sénégal ne risque pas de se clarifier avec la confusion entretenue sur les raisons et la paternité de cette décision, ainsi que sur l’objet des nouveaux accords. Au moment où la France parle de restructuration de sa présence militaire en Afrique, les autorités sénégalaises annoncent la fermeture des bases françaises, en cherchant à la mettre au crédit d’une décision souveraine de l’Etat.
Ce qu’il est important de rechercher, à nos yeux, ce sont les véritables raisons, pour la France, de la restructuration de la présence militaire française au Sénégal et, pour le Sénégal, la fermeture des bases françaises.
La première, en ce qui concerne la France, tient à la volonté de son Gouvernement de réformer son Armée. Nous savons que les autorités françaises ont lancé, depuis le Président Jacques CHIRAC et surtout à partir de 2008 avec le Président SARKOZY, un « Plan de modernisation de la Défense » avec une nouvelle carte militaire qui prévoit la suppression progressive de plusieurs unités militaires et des déménagements de sites militaires sur le territoire français. Cette réforme, justifiée, entre autres, par la nécessité de rationnaliser les dépenses militaires, consiste à regrouper des moyens opérationnels différents autour d’un même dispositif.
La deuxième raison repose sur des intérêts stratégiques et géopolitiques. Pour les Etats occidentaux, les vrais enjeux se situent aujourd’hui au Moyen et Proche Orient, dans le Golfe d’où provient une grande partie du pétrole mondial et où se déroulent le conflit israélo-palestinien, les guerres en Afghanistan et en Irak, le risque de prolifération nucléaire avec l’Iran, la menace terroriste. C’est pour faire face à ces nouveaux défis que la France veut désormais réformer sa politique et sa présence militaire dans le monde : la présence physique, du fait du développement des technologies de l’information et de la communication, ne se présente plus sous la même forme. Les réponses aux nouveaux défis, sont surtout une affaire de renseignements et de coopération entre pays.
La troisième raison s’explique par le fait que le coût élevé de ces bases, qui est supporté par le contribuable français, est de plus en plus dénoncé par la Gauche et l’opinion publique française en général qui réclament leur fermeture et l’utilisation des ressources ainsi mobilisées à d’autres fins.
Pour ce qui concerne le Sénégal, les vraies raisons de la position de Abdoulaye WADE sont à chercher dans la frustration qu’il éprouve dans la manière dont le Président SARKOZY a traité la question au Cap et à Libreville sans l’y associer et sans l’avoir, au préalable, informé. Il s’est senti blessé dans son égo surdimensionné. C’est ainsi qu’il a ruminé sa vengeance qui s’est traduite par cette déclaration du 3 avril 2010.
La deuxième raison, c’est la boulimie foncière du Président sénégalais. Il a mis la main sur toutes les réserves foncières de la région de Dakar : CICES, Corniche, Aéroport, etc. Il lui reste les emprises des bases françaises.
La troisième raison, et qui n’est pas la moindre, c’est sa démagogie et son populisme qui le poussent à récupérer cette situation et la faire apparaître, aux yeux de l’opinion, comme le « libérateur » du Sénégal, celui qui « parachève » notre indépendance.
La dernière raison est à trouver dans le caractère anachronique de la présence de ces bases militaires et de ces accords secrets de défense conclus il y a aujourd’hui plus de 50 ans. Le maintien de bases militaires des pays anciennement colonisateurs dans des pays anciennement colonisés est indéfendable et inacceptable. Il renvoie à des forces d’occupation, charrie des fantasmes en raison de leur caractère secret et est mal compris par les générations nées après l’indépendance en Afrique, Les accords militaires entre la France et le Sénégal doivent reposer sur le principe de transparence, refléter l’Afrique d’aujourd’hui, et non l’Afrique d’hier. Ils devraient surtout reposer sur les intérêts stratégiques mutuels de la France et du Sénégal.
Au demeurant, la renégociation des accords de défense avec la France soulève des enjeux considérables qui sont malheureusement enveloppés dans la brume d’une propagande inopportune. Elle permet de donner un nouvel élan à la coopération en matière de défense et de sécurité. J’y vois, pour ma part, une double opportunité pour le continent africain.
D’abord, il s’agit pour les Etats africains de dépasser les systèmes de défense à l’échelle des pays pour bâtir notre propre dispositif de sécurité collective. Il s’agit de définir une stratégie militaire globale et commune à tous les pays africains et travailler à créer une force de défense africaine ou, à tout le moins, de maintien de la paix. La sécurité de l’Afrique, c’est d’abord l’affaire des Africains et elle dépend, en partie, de notre capacité à mettre en place une sécurité collective à travers des mécanismes de collaboration entre nos différentes armées, voire plus tard par l’intégration de nos forces militaires dans un ensemble capable de répondre aux défis en matière de sécurité et de paix. Les Forces en attente à l’horizon 2010-2012 préconisées par l’Union Africaine vont dans ce sens. C’est cela aussi l’unité africaine que nous appelons de tous nos vœux.
La seconde opportunité est à mettre en relation avec une mondialisation dans laquelle les défis en matière de sécurité (terrorisme, banditisme et trafic transfrontaliers, dissémination des armes légères, prolifération nucléaire, etc.) sont globaux et exigent la mise en cohérence des politiques de défense et de sécurité dans le monde. Il importe pour l’Afrique, engagée dans un système de défense commune, de se mettre en relation avec les autres parties du globe et de mettre en place une plateforme de coopération en matière de sécurité avec elles et, en particulier, avec l’Europe. Les prémices de ce partenariat ont été lancées à Lisbonne en décembre 2007. C’est dans notre intérêt à tous, Africains comme Européens, de poursuivre dans cette voie, car pour que le monde soit plus sûr, l’Europe a besoin d’une Afrique sûre et l’Afrique a besoin d’une Europe sûre.
En définitive, la restructuration de la présence militaire française en Afrique est une opportunité à saisir pour faire de l’Europe un partenaire de l’Afrique en matière de paix et de sécurité. D’ailleurs, il faut relever un paradoxe dans les propos d’Abdoulaye Wade lorsqu’il reproche à la France de se désintéresser de l’Afrique. Il semble oublier que sans l’aide de la France, notre économie, malmenée par la gouvernance toxique de son régime, serait dans la banqueroute. Souvenez vous qu’en 2008 au bord de la cessation de paiement, il a fallu, à la requête des autorités sénégalaises, que la France vînt au secours de l’Etat pour éviter le pire à une économie plombée par une gigantesque dette intérieure. Faut-il rappeler également qu’il a été fait appel à l’Armée française pour la lutte contre les inondations et tous les plans ORSEC !
L’on ne comprend donc pas ce souverainisme à la carte sauf s’il ne s’agit que d’une incantation pour esquiver les vraies questions sur la destination des assiettes foncières qui abritent les bases françaises. Cette diversion grotesque ne fera pas disparaître, par enchantement, les gros nuages qui enveloppent cette question. En effet, le risque n’est pas vain que, sous le brouillard d’une légalité douteuse et sous-tendue par une boulimie foncière arrogante, Abdoulaye Wade et son régime n’engagent une entreprise d’aliénation spoliatrice et spéculative de cette partie du patrimoine foncier national pour satisfaire leurs intérêts particuliers. Mais ce serait, en pure perte pour tous ceux qui seraient associés à ces opérations parce que le jour n’est plus lointain où un Gouvernement responsable se chargera de corriger en bonne règle ces pratiques et de rendre à la Nation tous ses biens.
Toutes les forces vives de la Nation devront s’opposer à tout changement de destination de ces emprises qui doivent rester patrimoine de notre armée nationale pour des raisons stratégiques. Ce sont ces raisons qui avaient dicté leur choix pour abriter les bases françaises. Tout changement pour une autre destination devrait faire l’objet d’une large concertation.
Ousmane Tanor DIENG
Secrétaire général
du Parti socialiste du Sénégal
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Thursday, May 6, 2010
Retrait des bases militaires françaises du Sénégal :Faux débat, vraies questions
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Monday, February 8, 2010
Abdoulaye WADE : une fiction en extinction
Il y a quelques semaines, en visite à Matam, Abdoulaye Wade s’est livré à un édifiant exercice de style. Fidèle à une tactique bien éprouvée, il s’est défaussé sur ses prédécesseurs, a porté de fausses accusations et a fait dans l’invective, sans parler de l’épouvantail de la mort du Parti socialiste agité depuis bientôt dix années par un Président qui, oublieux des devoirs de sa charge, est aujourd’hui le seul à faire à tout bout de champ de la politique politicienne. Il aurait pu tenter de rester dans le caractère républicain de cette visite et gommer le ton provocateur dont il est coutumier, mais, comme toujours avec lui, il suffit d’une foule et de quelques micros pour que le naturel revienne au galop.
Désigner des boucs-émissaires est une technique usée qui a déjà atteint ses limites mais si on y ajoute la mauvaise foi, alors vous relevez un état d'esprit coupable des dérives maladroitement passées sous silence. Le discours d’Abdoulaye Wade à Matam est allé au-delà de la simple mise en scène. Mais il ne doit pas faire illusion. Car la réalité des faits indexe sa gouvernance toxique. Les méfaits multiples de cette gouvernance explosent sous nos yeux avec ses impasses : une économie nationale en pleine dépression, une agriculture moribonde, victime des politiques erratiques, une industrie démantelée par un affairisme d’Etat, des entreprises asphyxiées par la dette intérieure, un pouvoir d’achat en chute constante, une crise structurelle des secteurs de l’éducation et de la santé.
Au lieu de satisfaire la revendication permanente des Sénégalais pour une vie décente, il n’a d’autres ressources que de s’attaquer aux Présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf. Or tout le distingue de ses illustres prédécesseurs. Ce qui les distingue surtout, c’est la relation névrotique qu’Abdoulaye Wade entretient avec la chose publique. Il y a, pour ainsi dire, chez lui une absence de pudeur et d’éthique dans la gestion de l’Etat, illustrée par une gestion patrimoniale et par la personnalisation outrancière du pouvoir et des institutions. Tout le contraire des Présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf qui nourrissaient, l’un et l’autre, un détachement pour le pouvoir et un mépris pour l’argent. Il tente d’entacher la probité et la rigueur morale de ses prédécesseurs alors qu’il y a peu, l’affaire Segura, qui a couvert notre pays de honte, le désignait comme celui qui a tenté d’acheter la conscience et le silence de l’ancien Représentant-résident du Fonds Monétaire International à Dakar.
En vérité, Abdoulaye Wade nourrit un gros complexe vis-à-vis des Présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, qui ont fait l’histoire de notre jeune Nation et sont restés dans la postérité comme des hommes d’Etat exceptionnels. Léopold Sédar Senghor a été l’un des plus grands penseurs de notre temps et un pionnier d’une grande lucidité, dont l’œuvre et l’action resteront à jamais une féconde source pour la Nation. Le Président Abdou Diouf a contribué à consolider l’équilibre de la Nation et a été le principal artisan de la construction démocratique dans notre pays.
Tous les deux, le premier à partir de sa notoriété personnelle et le second par son expérience et sa sagesse, ont donné à la voix de notre pays une résonnance planétaire et l’ont élevée dans le concert des Nations au moyen d’une diplomatie dynamique, professionnelle et respectée. On imagine le drame d’Abdoulaye Wade et sa frustration dans les endroits où il faut paraître pour être vu et apprécié puisqu’aujourd’hui, sa diplomatie frénétique et compulsive est désormais snobée et mise à l’écart dans les grandes rencontres internationales.
C’est cela que l’Histoire retiendra de ces précurseurs alors que Abdoulaye Wade restera dans la chronique des faits divers.
Lorsqu’Abdoulaye Wade annonce la mort du Parti socialiste, on perçoit tout de suite un sentiment trouble. En effet, la violence avec laquelle il s’attaque au Parti socialiste ne doit pas faire oublier la fascination que ce parti exerce sur lui. Le Parti socialiste fascine Abdoulaye Wade, au point qu’il ait toujours cherché à s’emparer, de manière illégitime, de l’héritage du Président Léopold Sédar Senghor et à s’en inspirer, même s’il le fait maladroitement. Abdoulaye Wade doit se faire définitivement une raison. Il ne réussira jamais à faire du PDS, un parti comme le Parti socialiste où cohabitent plusieurs générations de militants. Le Parti socialiste, c’est l’illustration d’un lien intergénérationnel très solide et la succession des générations depuis 1948 avec des alternances régulières et sereines à sa tête.
A la fascination se mêle la crainte. Abdoulaye Wade a une peur bleue du Parti socialiste, une peur qu’il cherche à exorciser en annonçant régulièrement la mort du Parti socialiste. Naturellement, il se trompe. Malgré les assauts inédits dont il a fait l’objet depuis l’alternance de 2000, le Parti socialiste est resté debout, droit dans ses bottes parce que notre parti a une idéologie et des valeurs portées par des militants convaincus. Il a réussi à se redresser, à remobiliser ses militants et à s’ouvrir à tous les segments de la société sénégalaise. Il n’est pas évident que le PDS aurait pu résister aux attaques auxquelles le Parti socialiste a fait face depuis dix années et qu’il survivrait à son fondateur.
Aujourd’hui le Parti socialiste est véritablement en ordre de bataille pour conquérir le pouvoir avec ses partenaires de Benno Siggil Senegaal. C’est cela qui fait peur à Abdoulaye Wade, lui dont le Parti ressemble à une armée mexicaine, et pour qui, chaque jour, correspond à un nouvel épisode de la chronique d’une mort annoncée en attendant le jour, plus très lointain, où le peuple sénégalais prononcera son oraison funèbre.
Au final, la visite de Matam semble surtout avoir servi de prétexte à un déplacement électoral. Et il faut se désoler qu’avec Abdoulaye Wade, les vrais débats soient toujours occultés au profit de la rhétorique politicienne et que la mauvaise foi soit le seul argument d’une campagne électorale prématurée. Or, les Sénégalais ont le droit, aujourd’hui autant qu’hier, de réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie, sans qu’au plus haut niveau de l’Etat leur soit en permanence adressé le même refrain.
Ousmane Tanor DIENG
Secrétaire Général
du Parti Socialiste
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de Ousmane Tanor DIENG (tanor-dieng.com)
Désigner des boucs-émissaires est une technique usée qui a déjà atteint ses limites mais si on y ajoute la mauvaise foi, alors vous relevez un état d'esprit coupable des dérives maladroitement passées sous silence. Le discours d’Abdoulaye Wade à Matam est allé au-delà de la simple mise en scène. Mais il ne doit pas faire illusion. Car la réalité des faits indexe sa gouvernance toxique. Les méfaits multiples de cette gouvernance explosent sous nos yeux avec ses impasses : une économie nationale en pleine dépression, une agriculture moribonde, victime des politiques erratiques, une industrie démantelée par un affairisme d’Etat, des entreprises asphyxiées par la dette intérieure, un pouvoir d’achat en chute constante, une crise structurelle des secteurs de l’éducation et de la santé.
Au lieu de satisfaire la revendication permanente des Sénégalais pour une vie décente, il n’a d’autres ressources que de s’attaquer aux Présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf. Or tout le distingue de ses illustres prédécesseurs. Ce qui les distingue surtout, c’est la relation névrotique qu’Abdoulaye Wade entretient avec la chose publique. Il y a, pour ainsi dire, chez lui une absence de pudeur et d’éthique dans la gestion de l’Etat, illustrée par une gestion patrimoniale et par la personnalisation outrancière du pouvoir et des institutions. Tout le contraire des Présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf qui nourrissaient, l’un et l’autre, un détachement pour le pouvoir et un mépris pour l’argent. Il tente d’entacher la probité et la rigueur morale de ses prédécesseurs alors qu’il y a peu, l’affaire Segura, qui a couvert notre pays de honte, le désignait comme celui qui a tenté d’acheter la conscience et le silence de l’ancien Représentant-résident du Fonds Monétaire International à Dakar.
En vérité, Abdoulaye Wade nourrit un gros complexe vis-à-vis des Présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, qui ont fait l’histoire de notre jeune Nation et sont restés dans la postérité comme des hommes d’Etat exceptionnels. Léopold Sédar Senghor a été l’un des plus grands penseurs de notre temps et un pionnier d’une grande lucidité, dont l’œuvre et l’action resteront à jamais une féconde source pour la Nation. Le Président Abdou Diouf a contribué à consolider l’équilibre de la Nation et a été le principal artisan de la construction démocratique dans notre pays.
Tous les deux, le premier à partir de sa notoriété personnelle et le second par son expérience et sa sagesse, ont donné à la voix de notre pays une résonnance planétaire et l’ont élevée dans le concert des Nations au moyen d’une diplomatie dynamique, professionnelle et respectée. On imagine le drame d’Abdoulaye Wade et sa frustration dans les endroits où il faut paraître pour être vu et apprécié puisqu’aujourd’hui, sa diplomatie frénétique et compulsive est désormais snobée et mise à l’écart dans les grandes rencontres internationales.
C’est cela que l’Histoire retiendra de ces précurseurs alors que Abdoulaye Wade restera dans la chronique des faits divers.
Lorsqu’Abdoulaye Wade annonce la mort du Parti socialiste, on perçoit tout de suite un sentiment trouble. En effet, la violence avec laquelle il s’attaque au Parti socialiste ne doit pas faire oublier la fascination que ce parti exerce sur lui. Le Parti socialiste fascine Abdoulaye Wade, au point qu’il ait toujours cherché à s’emparer, de manière illégitime, de l’héritage du Président Léopold Sédar Senghor et à s’en inspirer, même s’il le fait maladroitement. Abdoulaye Wade doit se faire définitivement une raison. Il ne réussira jamais à faire du PDS, un parti comme le Parti socialiste où cohabitent plusieurs générations de militants. Le Parti socialiste, c’est l’illustration d’un lien intergénérationnel très solide et la succession des générations depuis 1948 avec des alternances régulières et sereines à sa tête.
A la fascination se mêle la crainte. Abdoulaye Wade a une peur bleue du Parti socialiste, une peur qu’il cherche à exorciser en annonçant régulièrement la mort du Parti socialiste. Naturellement, il se trompe. Malgré les assauts inédits dont il a fait l’objet depuis l’alternance de 2000, le Parti socialiste est resté debout, droit dans ses bottes parce que notre parti a une idéologie et des valeurs portées par des militants convaincus. Il a réussi à se redresser, à remobiliser ses militants et à s’ouvrir à tous les segments de la société sénégalaise. Il n’est pas évident que le PDS aurait pu résister aux attaques auxquelles le Parti socialiste a fait face depuis dix années et qu’il survivrait à son fondateur.
Aujourd’hui le Parti socialiste est véritablement en ordre de bataille pour conquérir le pouvoir avec ses partenaires de Benno Siggil Senegaal. C’est cela qui fait peur à Abdoulaye Wade, lui dont le Parti ressemble à une armée mexicaine, et pour qui, chaque jour, correspond à un nouvel épisode de la chronique d’une mort annoncée en attendant le jour, plus très lointain, où le peuple sénégalais prononcera son oraison funèbre.
Au final, la visite de Matam semble surtout avoir servi de prétexte à un déplacement électoral. Et il faut se désoler qu’avec Abdoulaye Wade, les vrais débats soient toujours occultés au profit de la rhétorique politicienne et que la mauvaise foi soit le seul argument d’une campagne électorale prématurée. Or, les Sénégalais ont le droit, aujourd’hui autant qu’hier, de réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie, sans qu’au plus haut niveau de l’Etat leur soit en permanence adressé le même refrain.
Ousmane Tanor DIENG
Secrétaire Général
du Parti Socialiste
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Tuesday, January 5, 2010
ENTRE HORREUR ECONOMIQUE ET DEPERISSEMENT MORAL
L’année 2009 au Sénégal aura été celle de toutes les régressions, un pays dramatiquement placé sous les fourches caudines d’un pouvoir ivre, autiste, irrationnel, n’écoutant que l’écho de ses propres paroles
En effet, notre pays s’enfonce d’avantage dans la pauvreté, la précarité et l’absence de toute perspective de sortie de crise. L’impunité s’incruste et la grande corruption fait une entrée fracassante dans les plus hautes sphères du pouvoir. L’insécurité en Casamance, dans les villes et campagnes charrie, meurtres viols et agressions en tous genres. Sur fond de régression économique.
Pour la première fois le taux de croissance est inférieur à celui de l’accroissement démographique. C’est là un signe de récession économique. Cette situation se répercute à plusieurs niveaux et touche les secteurs vitaux. Les phosphates, jadis fleuron de notre économie peine à se relever d’une mauvaise gestion chronique qui a obligé l’Etat à recourir à un partenaire stratégique plus préoccupé à défendre ses propres intérêts qu’à développer l’entreprise. La pêche et le tourisme, gros pourvoyeurs de devises, ne se portent pas mieux .La raréfaction des produits halieutiques pousse nos braves pêcheurs vers les eaux territoriales des pays voisins où ils subissent des tracasseries pouvant aller jusqu’à l’arraisonnement de leurs armements. Le tourisme souffre d’un manque de diversification intelligente et d’une promotion efficace. Il subit la forte concurrence des pays méditerranéens qui proposent le même produit balnéaire, à moindre coût, pour des destinations beaucoup plus accessibles. L’absence d’un transport aérien de qualité, à cause de faillite de la compagnie aérienne nationale assurant les vols intérieurs et de proximité, a durablement perturbé un secteur qui souffre énormément de la baisse du taux d’occupation de nos réceptifs vieillissants.
L’agriculture, dominée par la spéculation sur l’arachide, est tributaire d’une campagne de commercialisation mal conduite et dotée de ressources insuffisantes pour l’achat de récoltes, obligeant les paysans à écouler leurs graines dans les marchés parallèles voire vers les pays limitrophes. Il n’existe aucune politique fiable pour assurer la commercialisation des produits locaux ; c’est notamment le cas pour le riz, les tomates et les fruits et légumes. La paupérisation des populations, due à une dégradation continue du pouvoir d’achat des travailleurs et autres acteurs économiques notamment les ménages qui souffrent d’une diminution drastique des envois des émigrés, a été le facteur le plus notable de l’année 2009.
Le Gouvernement, comme d’habitude, cherche à se défausser sur la conjoncture internationale pour masquer ses errements et l’absence de politiques susceptibles d’enrayer cette spirale de la pauvreté qui, aujourd’hui, englobe les classes moyennes jadis épargnées. Devant ces difficultés, l’on comprend difficilement l’entêtement du régime wadien à maintenir un train de vie dispendieux, dont l’arrogance frise l’irresponsabilité.
Le secteur social subit une régression sans précédent. La protection sociale dans le secteur formel reste précaire. Les entreprises peinent à s’acquitter de leurs cotisations sociales, exposant dangereusement leurs employés.
La santé est un grand malade. Jamais depuis l’indépendance, notre pays n’avait connu pareille pagaille dans un secteur aussi stratégique. Le Sénégal, qui disposait du meilleur plateau technique avec des hôpitaux de haute performance adossées à une faculté de médecine et de pharmacie de renommée est largement dépassé par les pays de l’Afrique du Nord qui deviennent les lieux privilégiés d’évacuation sanitaire.
L’école sénégalaise a perdu ses lettres de noblesse. Le recul de la qualité de l’enseignement est perceptible à tous les niveaux. Des écoles surpeuplées, certains enseignants insuffisamment formés, des collèges et lycées mal équipés, des universités et écoles nationales supérieures produisant des diplômés sans grande perspective d’insertion sont les caractéristiques d’une éducation, qui malgré tout reste le secteur le plus pourvu en moyens par le budget de l’Etat, d’une part et les appuis de partenaires extérieurs, d’autre part.
Le sport, qui faisait notre fierté est également rentré dans les rangs. Il y a un net recul dans les performances de notre élite sportive. L’éclatante victoire des Lionnes du basket en Coupe d’Afrique des Nations ne saurait nous faire oublier l’élimination des équipes nationales de football pour la CAN d’Angola d’une part, et la Coupe du Monde d’Afrique du Sud, la première organisée en Afrique, d’autre part. Tous les sports individuels, la lutte et l’athlétisme ont enregistré de piètres résultats en 2009.
La régression démocratique s’accentue, engendrant concomitamment de nouvelles formes d’agressions morales et d’intolérance. Cette intolérance a eu ses prolongements dans un secteur jusqu’ici épargné : la religion, le Président de la République qui manifeste de manière ostentatoire son appartenance religieuse et confrérique devient l’acteur principal de la destruction de la concorde nationale, en portant un coup de canif à un dogme au crédo de l’Eglise Catholique entraînant une réaction juste, ferme et légitime des autorités religieuses de la chrétienté. Tout cela pour défendre son Monument de la Renaissance.
Mais, ce que je retiendrai le plus de 2009, c’est l’aggravation de la corruption et de la gabegie orchestrées par le pouvoir libéralo affairiste de WADE. Les « Contes et Mécomptes de l’ANOCI » du fils du Chef de l’Etat Karim WADE et son acolyte Abdoulaye BALDE, caractérisés par des marchés surfacturés, des détournements avérés, un gaspillage sans retenue ont plongé tous les patriotes de notre pays dans une grande colère.
L’affaire SEGURA reste incontestablement le point d’orgue de la mal gouvernance de notre pays. Pour la première fois de notre histoire, le Président de la République est pris en flagrant délit de corruption en l’endroit d’un fonctionnaire étranger en fin de mission au Sénégal. Notre pays aura été la risée du monde et, cet acte sans nom, confirme le classement peu honorable que nous occupons dans le gotha des pays les plus corrompus du monde.
La régression n’épargne pas notre diplomatie. La voix du Sénégal ne compte plus. La diplomatie sénégalaise, du fait des errements du Président WADE a perdu tout son crédit. C’est triste et dommageable pour la sauvegarde de nos intérêts vitaux et stratégiques. .
L’éclatante victoire de l’opposition aux élections locales de mars 2009 aura été la seule note positive de cette année. Combattre le régime de Wade, pour changer les choses devient un impératif national.
Le Parti Socialiste, dans le cadre du BENNOO y travaille méthodiquement, résolument.
En effet, notre pays s’enfonce d’avantage dans la pauvreté, la précarité et l’absence de toute perspective de sortie de crise. L’impunité s’incruste et la grande corruption fait une entrée fracassante dans les plus hautes sphères du pouvoir. L’insécurité en Casamance, dans les villes et campagnes charrie, meurtres viols et agressions en tous genres. Sur fond de régression économique.
Pour la première fois le taux de croissance est inférieur à celui de l’accroissement démographique. C’est là un signe de récession économique. Cette situation se répercute à plusieurs niveaux et touche les secteurs vitaux. Les phosphates, jadis fleuron de notre économie peine à se relever d’une mauvaise gestion chronique qui a obligé l’Etat à recourir à un partenaire stratégique plus préoccupé à défendre ses propres intérêts qu’à développer l’entreprise. La pêche et le tourisme, gros pourvoyeurs de devises, ne se portent pas mieux .La raréfaction des produits halieutiques pousse nos braves pêcheurs vers les eaux territoriales des pays voisins où ils subissent des tracasseries pouvant aller jusqu’à l’arraisonnement de leurs armements. Le tourisme souffre d’un manque de diversification intelligente et d’une promotion efficace. Il subit la forte concurrence des pays méditerranéens qui proposent le même produit balnéaire, à moindre coût, pour des destinations beaucoup plus accessibles. L’absence d’un transport aérien de qualité, à cause de faillite de la compagnie aérienne nationale assurant les vols intérieurs et de proximité, a durablement perturbé un secteur qui souffre énormément de la baisse du taux d’occupation de nos réceptifs vieillissants.
L’agriculture, dominée par la spéculation sur l’arachide, est tributaire d’une campagne de commercialisation mal conduite et dotée de ressources insuffisantes pour l’achat de récoltes, obligeant les paysans à écouler leurs graines dans les marchés parallèles voire vers les pays limitrophes. Il n’existe aucune politique fiable pour assurer la commercialisation des produits locaux ; c’est notamment le cas pour le riz, les tomates et les fruits et légumes. La paupérisation des populations, due à une dégradation continue du pouvoir d’achat des travailleurs et autres acteurs économiques notamment les ménages qui souffrent d’une diminution drastique des envois des émigrés, a été le facteur le plus notable de l’année 2009.
Le Gouvernement, comme d’habitude, cherche à se défausser sur la conjoncture internationale pour masquer ses errements et l’absence de politiques susceptibles d’enrayer cette spirale de la pauvreté qui, aujourd’hui, englobe les classes moyennes jadis épargnées. Devant ces difficultés, l’on comprend difficilement l’entêtement du régime wadien à maintenir un train de vie dispendieux, dont l’arrogance frise l’irresponsabilité.
Le secteur social subit une régression sans précédent. La protection sociale dans le secteur formel reste précaire. Les entreprises peinent à s’acquitter de leurs cotisations sociales, exposant dangereusement leurs employés.
La santé est un grand malade. Jamais depuis l’indépendance, notre pays n’avait connu pareille pagaille dans un secteur aussi stratégique. Le Sénégal, qui disposait du meilleur plateau technique avec des hôpitaux de haute performance adossées à une faculté de médecine et de pharmacie de renommée est largement dépassé par les pays de l’Afrique du Nord qui deviennent les lieux privilégiés d’évacuation sanitaire.
L’école sénégalaise a perdu ses lettres de noblesse. Le recul de la qualité de l’enseignement est perceptible à tous les niveaux. Des écoles surpeuplées, certains enseignants insuffisamment formés, des collèges et lycées mal équipés, des universités et écoles nationales supérieures produisant des diplômés sans grande perspective d’insertion sont les caractéristiques d’une éducation, qui malgré tout reste le secteur le plus pourvu en moyens par le budget de l’Etat, d’une part et les appuis de partenaires extérieurs, d’autre part.
Le sport, qui faisait notre fierté est également rentré dans les rangs. Il y a un net recul dans les performances de notre élite sportive. L’éclatante victoire des Lionnes du basket en Coupe d’Afrique des Nations ne saurait nous faire oublier l’élimination des équipes nationales de football pour la CAN d’Angola d’une part, et la Coupe du Monde d’Afrique du Sud, la première organisée en Afrique, d’autre part. Tous les sports individuels, la lutte et l’athlétisme ont enregistré de piètres résultats en 2009.
La régression démocratique s’accentue, engendrant concomitamment de nouvelles formes d’agressions morales et d’intolérance. Cette intolérance a eu ses prolongements dans un secteur jusqu’ici épargné : la religion, le Président de la République qui manifeste de manière ostentatoire son appartenance religieuse et confrérique devient l’acteur principal de la destruction de la concorde nationale, en portant un coup de canif à un dogme au crédo de l’Eglise Catholique entraînant une réaction juste, ferme et légitime des autorités religieuses de la chrétienté. Tout cela pour défendre son Monument de la Renaissance.
Mais, ce que je retiendrai le plus de 2009, c’est l’aggravation de la corruption et de la gabegie orchestrées par le pouvoir libéralo affairiste de WADE. Les « Contes et Mécomptes de l’ANOCI » du fils du Chef de l’Etat Karim WADE et son acolyte Abdoulaye BALDE, caractérisés par des marchés surfacturés, des détournements avérés, un gaspillage sans retenue ont plongé tous les patriotes de notre pays dans une grande colère.
L’affaire SEGURA reste incontestablement le point d’orgue de la mal gouvernance de notre pays. Pour la première fois de notre histoire, le Président de la République est pris en flagrant délit de corruption en l’endroit d’un fonctionnaire étranger en fin de mission au Sénégal. Notre pays aura été la risée du monde et, cet acte sans nom, confirme le classement peu honorable que nous occupons dans le gotha des pays les plus corrompus du monde.
La régression n’épargne pas notre diplomatie. La voix du Sénégal ne compte plus. La diplomatie sénégalaise, du fait des errements du Président WADE a perdu tout son crédit. C’est triste et dommageable pour la sauvegarde de nos intérêts vitaux et stratégiques. .
L’éclatante victoire de l’opposition aux élections locales de mars 2009 aura été la seule note positive de cette année. Combattre le régime de Wade, pour changer les choses devient un impératif national.
Le Parti Socialiste, dans le cadre du BENNOO y travaille méthodiquement, résolument.
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Monday, November 9, 2009
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